Vraiment, le film décrit très bien la dysphasie. Je me suis reconnue sauf que mes parents ont accepté mon handicap et ont vraiment fait tout ce qu'il pouvait pour que je réussisse ma vie. Cela n'a pas toujours été facile pour moi et j'ai ressenti aussi une certaine forme de souffrance de ne pas être comme les autres , de ne pas réussir à se comprendre, de ne pas aller à l'école comme mes frères, et surtout de ne pas se faire facilement des amis. Mais j'avais la joie de vivre et des adultes pour me soutenir.

C'est encore quelquefois le chaos pour moi quand trop de personnes parlent en même temps, je n'arrive pas à suivre et je ne comprends plus rien : mes oreilles se mettent à siffler, je ne peux plus rien suivre. Mais j'ai fait un gros travail et j'essaie de tendre l'oreille quand j'ai perdu le fil pour reprendre une conversation ou alors je m'en vais (regarder la télé) ou je m'occupe de ma chienne ou je sers les gens (si c'est à table, c'est plus apprécié que de partir, les gens se souviennent mieux de moi et ont plus envie de me parler). J'arrive mieux à ne pas ramener toujours mes sujets. Je m'entends mieux à l'intérieur. Quand je réponds à côté des questions par exemple, j'en deviens consciente (pas tout le temps) sauf quand je suis fatiguée ou que je vais à l'ANPE par exemple. Je me mets à bafouiller mais je gère un peu mieux mes appréhensions. Heureusement, il y a toujours eu les animaux pour me réconforter, pour me motiver à rester présente, pour m'aider à continuer et ne pas aller dans le cercle infernal de la dépression. Merci à mes proches et à tous ceux qui m'ont soutenue.