PARU DANS TELERAMA DU 17 janvier 2007 Critique De Philippe Blasband Marie est dysphasique. Les mots, elle en aime la sonorité, la couleur, mais elle les mélange parfois, et ne peut les lire sur les lèvres si ses interlocuteurs parlent trop vite ou trop violemment. Son mari est parti pour une autre, on lui reprend sans cesse son petit garçon qu’elle s’obstine à enlever. Alors Marie boit, Marie fuit, Marie se perd... Courte chronique (à peine une heure), fragile, presque inachevée, où l’on ressent personnellement, physiquement, les moments où l’esprit de l’héroïne chancelle, où elle bascule, de l’étonnement qu’elle provoque, d’abord, au rejet.

Une comédienne inconnue, lumineuse, Aylin Yay, interprète cette « femme sous influence » si encombrante et si légère, prête à tout pour surprendre, chez l’autre, une tendresse qui se dérobe constamment. Grand moment : la scène des Alcooliques anonymes où, décalée et isolée, l’actrice en arrive presque à évoquer la Gena Rowlands des films de Cassavetes... Philippe Blasband, le réalisateur, et son épouse-actrice ont eux-mêmes un gamin dysphasique qu’ils évoquent pudiquement à la fin. Ce tout petit film a donc le double mérite d’être joliment didactique et sensible. Pierre Murat Télérama n° 2975 - 20 Janvier 2007

LE FILM EST EN SORTIE NATIONALE CETTE SEMAINE. LE DVD SORTIRA DONC BIENTOT. EN PLUS DU FILM IL Y AURA DES INFORMATIONS SUR LA DYSPHASIE